Photographie. Regards croisés sur l’Asie.















À l’occasion du Printemps des livres, le palais des congrès accueille, actuellement, les expositions d’Éric Verneuil et Stéphanie Matéos, deux photographes de la région.

Un rendez-vous entre deux photographes, qui ne se connaissent pas, au milieu des expositions du palais des congrès. L’endroit est idéal et éphémère, comme ces rencontres d’un jour. Quelques sourires, des échanges de politesse, et la discussion commence.


Des sourires d’enfants
«Je ne suis pas photographe professionnel, mais disons que j’ai toujours été très attirée par la photo », glisse Stéphanie Matéos. Souriante et l’air malicieux, cette brune aux bouclettes travaille dans le social. Plus précisément dans l’alphabétisation auprès de différents publics dont des étrangers, après un passage dans la pub. Elle présente des clichés réalisés en 2001, lors d’une mission humanitaire pour la fondation Virlanie, à Manille, capitale des Philippines. « J’avais envie d’aller en Afrique mais finalement, j’ai été accueillie par la fondation qui travaille pour des enfants des rues, sans famille, et des mères célibataires. » Malgré leur vie dans l’extrême dénuement, Stéphanie a réussi à saisir des instants de rayonnement dans ces centres d’accueil publics. Qui ressemblent « plus à des prisons, avec des cellules qui entassent une quinzaine de personnes, de sexe différent et de tous âges. » Des portraits d’enfants, garçons et filles, dans un angle positif, qui révèlent «leur dignité et leur force. »

Hong-Kong ville de contrastes
C’est au tour d’Éric Verneuil. Cet artiste photographe « lancé depuis peu » est du genre plutôt posé et attentif. « Par rapport à Stéphanie, je me suis orienté, assez jeune, dans des études aux beaux-arts. Je ne savais pas que j’allais en faire mon métier même si j’ai toujours gardé un rapport à la photo », se souvient-il, en posant son café. Du Vercors où il travaillait comme éducateur sportif avec des jeunes et des chiens de traîneaux, il a photographié Hong- Kong, au cours d’un voyage guidé par l’amour. « À l’époque, je vivais avec une Chinoise. C’est pour ça que je suis parti là-bas. » Un séjour de quelques mois, il y a 15 ans. Hong-Kong y est dévoilé sous des aspects contrastés : buildings de l’empire financier en expansion, côtes « à la bretonne », temples débordants de couleurs et d’odeurs, campagnes et montagnes environnantes. À travers la vie de cette ancienne colonie anglaise, il montre aussi « la nonchalance et le repos des habitants », à l’inverse du mouvement quotidien et urbain.

Points communs
Au fil des mots et des regards, Stéphanie et Éric se trouvent des points communs. D’abord l’Asie, où la pauvreté côtoie à quelques rues l’opulence. Ensuite, la photo, qu’ils aiment prendre au contact de la nature. Enfin, leurs voyages qui à l’origine ne s’orientaient pas vers une exposition. Tous les deux souhaitent repartir vers ce continent qu’ils ont mis en images. Et dans un coin de leur coeur.

P26. Loudéac - Mercredi 21 mai 2008 Le Télégramme